Dimanche, Juin 25, 2017

Journée Mondiale de la Femme

08 Mars

La Journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars de chaque année par des groupes de femmes dans le monde entier. Elle est également célébrée à l’ONU et, dans maints pays, c’est un jour de fête national. Lorsque les femmes de tous les continents, souvent divisées par les frontières nationales et par des différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques, se réunissent pour célébrer leur Journée, elles peuvent voir, si elles jettent un regard en arrière, qu’il s’agit d’une tradition représentant au moins 90 ans de lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.

La Journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire; elle puise ses racines dans la lutte que mènent les femmes depuis des siècles pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes. Dans l’antiquité grecque, Lysistrata a lancé une « grève sexuelle » contre les hommes pour mettre fin à la guerre; pendant la Révolution française, des Parisiennes demandant « liberté, égalité, fraternité » ont marché sur Versailles pour exiger le suffrage des femmes.
L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est au tout début fait jour au tournant du XIXe et du XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et des idéologies radicales.
Chronologie des événements les plus marquants

1909 / Conformément à une déclaration du Parti socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.

1910/ L’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition a été approuvée à l’unanimité par la conférence qui comprenait plus de 100 femmes venant de 17 pays, dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Aucune date précise n’a été fixée pour cette célébration.

1911/ À la suite de la décision prise à Copenhague l’année précédente, la Journée internationale de la femme a été célébrée pour la première fois, le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes ont assisté à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail.

Moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient amené cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.

1913-1914/ Dans le cadre du mouvement pacifiste qui fermentait à la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, le 8 mars ou à un ou deux jours de cette date, les femmes ont tenu des rassemblements soit pour protester contre la guerre, soit pour exprimer leur solidarité avec leurs soeurs. {mospagebreak}

1917/ Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir « du pain et la paix ». Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.

Depuis ces premières années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.

Le rôle des Nations Unies

Rares sont les causes dont l’ONU assure la promotion qui aient suscité un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.

Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe; et assistance directe aux groupes désavantagés. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier.


Journée Internationale de la Femme 2014

“Equality and Justice in the Courtroom"

By NaviPillay, United Nations High Commissioner for Human Rights

It is natural for a man to respond to a nagging female partner with violence.

Women's demands for equal pay with men for equal skills are not justified, because women are likely to stop working to have children.

A man who kills his wife may receive a more lenient sentence if she was unfaithful.

These are judges' comments -- not from 100 years ago, but in the past 10 years. These cases were not weighed on their merits but swayed by deeply embedded notions that limit the rights and protection of women and girls. Justice was denied to the women in these cases, just as it is denied to many others, every day, in courtrooms around the world.

Despite decades of struggle for women's right to equality, judicial processes worldwide are often shot through with harmful gender stereotypes, and this can amount to a denial of a woman's right to justice by the very legal system that is supposed to protect fundamental human rights for everyone.

Gender stereotypes -- widely held beliefs about women's and men's supposed characteristics and proper roles -- are ubiquitous and create a deep vein of prejudice that affects the lives of women and men. Because of deeply entrenched discrimination against women, these beliefs have disproportionate consequences for women's enjoyment of their human rights. Apparently benign stereotypes can be harmful. For example, the idea that "women are more nurturing than men" reinforces the notion that women should do most domestic chores. This can also lead to violations of women's human rights when translated into laws and practices that deprive them of educational and professional opportunities.

Discrimination in the courtroom -- where we seek fair and impartial administration of the law -- is particularly damaging. When a law is seriously discriminatory, the search for fairness is obviously profoundly compromised. Think of legislation that says women may not independently choose to travel, work outside the home, or undergo certain medical procedures without permission from male relatives. But equally concerning, and far more widespread, is when judges are influenced by harmful gender stereotypes in their interpretation of the law and handing down of decisions. We often see this in cases related to gender-based violence, the family, equal work opportunities, and women's sexual and reproductive health. And when judges make decisions based on harmful gender stereotypes, for example taking a woman's sexual life into account when deciding her legal rights and protection against rape or domestic violence, this is a human rights violation.

States should also take measures to eliminate wrongful gender stereotyping in all aspects of the criminal justice system, including investigation, prosecution, questioning and protection of victims and witnesses, and sentencing. Explicit action is required to ensure that government officials, especially those working in the justice system, do not deliver decisions based on harmful stereotypes and undermine the human rights of women and girls. Rather, officials should be identifying and challenging such negative beliefs, to help create environments that more fully respect the human rights of women and girls and build a culture of equality.

If we are serious about achieving gender equality now, well into the 21st century, we must devote more energy to dismantling prejudicial presumptions about women and men. We must stop perpetuating misguided ideas of what women should or should not be or do, based solely on the fact of being female. Instead, we must see them for who they are -- unique human beings in all their diversity. This is the demand of equality, which is the foundation of human rights law. My Office will be devoting considerable attention to providing more robust guidance in this area. It is my sincere hope that work on this critical issue will begin in the place that most symbolises justice: the courtroom.


Journée Internationale de la Femme 2013

“Les engagements pour les droits des femmes: le temps est venu de transformer des promesses vides en changements concrets pour les femmes"

8 mars 2013

Depuis plus d'un siècle, la Journée Internationale de la Femme a marqué les réalisations économiques, sociales, politiques et culturelles des femmes à travers le monde. Est-ce que le monde a aujourd’hui des raisons de célébrer les progrès accomplis dans la lutte contre la violence contre les femmes et la promotion de leurs droits ?

Alors même que les femmes sont devenues de plus en plus acteurs du changement dans la promotion et la protection des droits de l’homme, la violence à l’encontre des femmes demeure l'expression la plus répandue de la discrimination contre elles et une violation scandaleuse de leurs droits fondamentaux. Il est inacceptable que 33 ans après l'adoption de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF), 20 ans après l'adoption de la Déclaration et du Programme d'action de la conférence mondiale sur les droits de l'homme à Vienne et 17 ans après le Programme d'action de Beijing, des formes diverses et persistantes de violence continuent d'affecter la vie de millions de femmes à travers le monde, limitant ainsi l'ensemble de leurs droits fondamentaux et leur autonomisation dans tous les aspects de la vie, que ce soit dans la sphère publique, économique, sociale ou familiale.

Il est important de se rappeler le peu de travail des Nations Unies consacré à la violence contre les femmes avant la conférence de Vienne. En effet, le sujet était à peine abordé lors de la Conférence mondiale sur les femmes à Nairobi en 1985, voire pas du tout, et si il l’a été, ce fut d’une perspective de justice pénale. Le Comité de la CEDEF a été à l’avant-garde de cette approche, ayant pris conscience de la dimension alarmante du sujet par l’examen des rapports des États parties qui a conduit à l'élaboration de la Recommandation Générale 19 (1992) sur la violence contre les femmes. Dans cette recommandation générale majeure, le Comité de la CEDEF établit pour la première fois l'obligation des États parties d’agir avec la diligence voulue pour prévenir, enquêter et punir les actes de violence fondée sur le sexe. La recommandation générale définit clairement la violence fondée sur le sexe comme une discrimination au sens de l'article 1 de la Convention.

La Conférence mondiale sur les droits de l'homme a marqué un tournant décisif en matière de droits fondamentaux des femmes, et en particulier en ce qui concerne l'identification de la violence à l’encontre des femmes non comme un hasard et une affaire privée, mais un problème de préoccupation internationale. La conférence a également déclaré que tous les droits de l'homme sont universels, indissociables, interdépendants et intimement liés, et a précisé que, bien qu’il convienne de ne pas perdre de vue l'importance des particularismes nationaux et régionaux et la diversité historique, culturelle et religieuse, il est du devoir des Etats, quel qu'en soit le système politique, économique et culturel, de promouvoir et de protéger tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales. Les violences qui s'exercent en fonction du sexe et toutes les formes de harcèlement et d'exploitation sexuels, y compris celles qui sont la conséquence de préjugés culturels et de la traite internationale, ont ensuite été identifiées comme incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et comme devant être éliminées tandis que les droits fondamentaux des femmes devaient former une partie intégrante des activités de l’Organisation des Nations Unies dans le domaine des droits de l’homme. Le document final souligna l'égalité de statut des droits fondamentaux des femmes et adressa au premier plan la violence contre les femmes.

La Conférence de Vienne a mis en marche l’établissement de normes et le suivi d’initiatives, y compris l'adoption par l'Assemblée générale de la Déclaration sur l’élimination de la violence à l'égard des femmes et l’établissement du mandat de la Rapporteur spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences par l'ancienne Commission des droits de l'homme. La Conférence a également demandé au Comité de la CEDEF d’examiner la possibilité d'une procédure de plaintes qui a conduit à l'adoption du Protocole facultatif à la Convention CEDEF en 1999. En effet, alors que nous célébrons cet anniversaire important et faisons le bilan des deux dernières décennies, il est clair qu'il existe un large éventail de normes et de mécanismes qui peuvent être utilisés pour lutter contre la violence envers les femmes. La question test demeure : ceux-ci ont-ils fait une différence dans la vie des femmes?

Les femmes ont investi beaucoup d'espoir dans la transformation récente des Etats et des sociétés, jouant un rôle crucial dans la lutte pour le changement, faisant souvent des sacrifices et faisant l’expérience de souffrances. Pourtant, en période de changement, les victoires pour les femmes ne peuvent pas être tenues pour acquises. "Bien que les transitions politiques offrent une occasion unique de s'attaquer aux inégalités du passé, de faire progresser les droits fondamentaux des femmes et de veiller à ce que l'égalité entre les femmes et les hommes soit l'un des fondements sur lesquels le nouveau système juridique est construit, les femmes qui ont joué un rôle actif dans la lutte pour la démocratie et la justice se trouvent exclues de la prise de décision dans les nouveaux processus de construction de l'Etat", ont déclaré les experts indépendants. « Les femmes et les hommes doivent donc rester constamment vigilants ; bien qu’elles offrent des possibilités sans précédent pour le progrès, il faut veiller à ce que les transitions politiques ne se traduisent pas en régression et n’apportent pas de nouvelles formes de discrimination » ont mis en garde les experts. Il ne peut y avoir de société démocratique et égalitaire si les femmes, la moitié de la population mondiale, restent discriminées et privées de leurs droits. Quand les femmes se sont appropriés les espaces publics afin d'exercer leur droit à la liberté d'expression, de réunion et de participation à la vie publique, elles se sont heurtées aux stéréotypes, au harcèlement et à la violence. Remettre en question les rôles traditionnellement attribués aux femmes reste indispensable même lorsque la société toute entière réclame des changements radicaux.

Les formes extrêmes de violence, comme les assassinats de femmes parce qu'elles sont femmes, qu’ils soient appelés meurtres, d’homicide, de fémicides, de féminicides, ou de crimes «d'honneur», se poursuivent sans relâche sur tous les continents; ces manifestations de violence sont culturellement et socialement intégrées, et continuent à être acceptées, tolérées ou justifiées – en toute impunité comme règle», soulignent les experts indépendants. « L'incapacité des États à garantir aux femmes le droit à une vie sans violence, permet un continuum de violence qui peut aboutir à leur mort ».

L'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes ont gagné du terrain dans le monde entier. Les femmes de tous les horizons de vie, qui ont lutté tout au long de l'histoire pour davantage de droits et une plus grande liberté de choix et de liberté, doivent être applaudies et l’on doit se souvenir d’elles à ce tournant historique. Pourtant, quand il s'agit de réunions de conseil, de séances de gouvernement, de négociations de paix, et d'autres assemblées où des décisions cruciales sont prises dans le monde, les femmes sont trop souvent absentes. Les États doivent redoubler d'efforts si ils veulent atteindre la cible des Objectifs du Millénaire pour le développement de 30 pour cent de femmes dans les postes de décision, notamment en prévoyant des mesures de discrimination positive et des garanties de liberté d'expression, de réunion et d'association pour augmenter le nombre des femmes en politique.

Manifestement plus de filles vont à l'école et grandissent en meilleure santé et mieux équipées pour réaliser leur potentiel. «Le cas de l'écolière de 14 ans, MalalaYousufzai, qui a été brutalement attaquée et blessée à la frontière nord-ouest du Pakistan sur le chemin du retour de l'école nous rappelle à tous l'extrême danger auquel beaucoup de filles continuent à faire face lorsqu’elles font valoir leur droit à l'éducation », a déclaré la présidente du Comité de la CEDEF. «La CEDEF a souligné que permettre aux filles de profiter de ce droit fondamental dans toutes les régions du monde exige le démantèlement des barrières patriarcales et des stéréotypes fondés sur le sexe profondément ancrés».

Les femmes portent de manière disproportionnée le poids de la pauvreté, de la guerre, de la maladie, du manque d'eau potable, et de la famine. Les femmes vivant dans les zones rurales et les femmes qui souffrent de multiples formes de discrimination en raison de l'intersection de leurs différentes identités et caractéristiques, telles que la race, l'ethnicité, le statut de migrant, l'origine sociale, l'identité sexuelle parmi d’autres, restent les plus mises à l’écart du développement et des gains en matière de de droits de l’homme.

Alors que la Commission sur le statut des femmes délibère sur la façon de prévenir et répondre à la violence contre les femmes, nous, les mécanismes d'experts du système onusien des droits de l’homme, ne peuvent que rappeler qu'il y a un long chemin à parcourir avant que les femmes et les filles puissent jouir des mêmes droits et libertés que les hommes, ainsi que du respect de leur dignité. Dans le contexte de l’agenda du développement post 2015, le rôle du comité de la CEDEF et d'autres acteurs dans l'élaboration d'indicateurs sur la violence contre les femmes est d'une importance primordiale. Dans le même temps, les États devraient concentrer leurs efforts sur la mise en oeuvre de la CEDEF et d'autres instruments pertinents. Nous appelons dès lors les États membres à tenir compte des voix de toutes les femmes et les jeunes filles qui réclament avec toujours plus d’insistance et d’urgence leurs droits fondamentaux. C’est urgent pour mettre en oeuvre leurs droits. Nous sommes tout simplement l'écho de leurs voix.

Alors que la Commission sur le statut des femmes délibère sur la façon de prévenir et répondre à la violence contre les femmes, nous, les mécanismes d'experts du système onusien des droits de l’homme, ne peuvent que rappeler qu'il y a un long chemin à parcourir avant que les femmes et les filles puissent jouir des mêmes droits et libertés que les hommes, ainsi que du respect de leur dignité. Dans le contexte de l’agenda du développement post 2015, le rôle du comité de la CEDEF et d'autres acteurs dans l'élaboration d'indicateurs sur la violence contre les femmes est d'une importance primordiale. Dans le même temps, les États devraient concentrer leurs efforts sur la mise en oeuvre de la CEDEF et d'autres instruments pertinents. Nous appelons dès lors les États membres à tenir compte des voix de toutes les femmes et les jeunes filles qui réclament avec toujours plus d’insistance et d’urgence leurs droits fondamentaux. C’est urgent pour mettre en oeuvre leurs droits. Nous sommes tout simplement l'écho de leurs voix.


 

Messages du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon

8 mars 2012

Partout dans le monde, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes continuent de gagner du terrain. Jamais les femmes n’ont été aussi nombreuses parmi les chefs d’État ou de gouvernement ni, en proportion, aux postes ministériels. Leur influence grandit dans le monde des affaires. Les filles sont de plus en plus nombreuses à aller à l’école, ont une meilleure santé et sont mieux à même de se réaliser.

Malgré cette dynamique, on est loin de pouvoir dire que les femmes et les filles jouissent des droits fondamentaux, de la liberté et de la dignité qui sont tant leur droit inaliénable que la garantie de leur bien-être. Ce constat n’est nulle part aussi vrai que dans les régions rurales du monde entier. Les femmes et les filles de ces régions – auxquelles la Journée internationale de la femme est consacrée cette année – représentent un quart de la population mondiale. Pourtant, tous les indicateurs économiques, sociaux et politiques les concernant sont invariablement au plus bas en matière de revenus comme d’éducation ou de santé, en passant par la participation aux décisions.

Les femmes, qui sont près d’un demi-milliard à travailler sur de petites exploitations ou des terres qui ne leur appartiennent pas, constituent la majorité de la main-d’œuvre agricole. Les femmes rurales s’acquittent en outre de la plupart des tâches non rémunérées de soins aux personnes. On persiste néanmoins à les empêcher de donner la pleine mesure de leurs capacités. L’égalité d’accès aux ressources productives permettrait d’augmenter les rendements agricoles de 4 %, d’améliorer de ce fait la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de libérer de la faim pas moins de 150 millions d’êtres humains. Les femmes rurales, si on leur en donnait la possibilité, pourraient également contribuer à vaincre le retard de croissance, sourde tragédie du développement qui touche près de 200 millions d’enfants.

Les lois et les pratiques discriminatoires portent atteinte non seulement aux femmes mais aussi à des groupes entiers de population et aux nations. Dans les pays où les femmes n’ont pas accès à la propriété foncière ou au crédit, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition est nettement plus élevé. Il est absurde que les agricultrices bénéficient de 5 % seulement des services de vulgarisation agricole. Ne serait-il pas judicieux que les nations qui cherchent à se développer investissent dans les femmes rurales?

Le sort tragique des femmes et des filles dans le monde rural est à l’image de leur situation dans l’ensemble de la société où le « plafond de verre » subsiste, de même que l’omniprésence de la violence à la maison, au travail et lors des conflits, où l’on privilégie l’éducation des garçons et où, chaque année, des centaines de milliers de femmes meurent en donnant la vie faute d’accès aux soins obstétricaux les plus élémentaires. Même dans les pays où le sort des femmes est le plus enviable, celles-ci restent moins bien payées que les hommes pour le même travail et sous-représentées au niveau décisionnel dans la vie politique comme dans le monde des affaires.

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, j’engage vivement les gouvernements, la société civile et le secteur privé à œuvrer en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes qui sont un droit fondamental mais aussi un atout pour tous. L’énergie, le talent et la force des femmes et des filles sont pour l’humanité la ressource naturelle inexploitée la plus précieuse.