Mardi, Juin 27, 2017

Allocution de Madame Maarit Kohonen Sheriff

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture du séminaire sous régional de formation et de plaidoyer sur la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées

Yaoundé, 23 novembre 2010

 

Excellence Madame le Ministre des Affaires Sociales,

Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Monsieur le Délégué auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé,

Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique,

Chers collègues du système des Nations Unies,

Chers partenaires de Sightsavers,

Mesdames et messieurs, chers participants du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Cameroun,

 

C’est pour moi un plaisir et un honneur de prononcer cette allocution à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du séminaire sous régional pour l’Afrique centrale de formation et de plaidoyer sur la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.

Aussi, permettez-moi de remercier les autorités camerounaises pour avoir accepté la tenue et l’organisation conjointe de ce séminaire et en particulier Son Excellence Madame le Ministre des Affaires Sociales pour son implication personnelle dans l’organisation et le déroulement de cette activité.

Les personnes handicapées sont souvent confrontées à la discrimination, l’exclusion, l’isolement ainsi que des abus. La discrimination à leur encontre est très répandue aux travers des frontières géographiques et affecte les personnes dans toutes les sphères de la vie et dans tous les secteurs de la société.

Bien que les personnes handicapées bénéficient des mêmes droits que tout le monde, elles doivent faire  l’objet d’une attention particulière dans le domaine des droits de l’homme. Cette nouvelle ère de promouvoir, protéger et assurer la jouissance entière de tous les droits de l’homme et libertés fondamentales par les personnes handicapées a été favorisée par l’entrée en vigueur de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et de son protocole facultatif en mai 2008.

La Convention relative aux droits des personnes handicapées va ainsi se ranger parmi les six autres instruments juridiques de base de l’ONU en matière de droits de l’homme. La Convention  exprime de manière forte, ensemble avec les autres instruments des droits de l’homme, le caractère universel, indivisible, interdépendant et indissociable de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales sans discrimination.

L’entrée en vigueur de la Convention relative aux droits des personnes handicapées vient combler un déficit important qui existait dans le domaine du droit international des droits de l’homme. En effet, la Convention représente une mutation dans la manière de considérer le handicap, passant d’un modèle dans lequel les personnes handicapées sont considérées comme objets de traitement médical, de charité ou de protection sociale à un modèle dans lequel elles sont reconnues comme sujets de droits fondamentaux, prenant part aux décisions qui les concernent et à même de faire valoir leurs droits dans la société. A travers la reconnaissance du handicap comme une thématique des droits de l’homme, la Convention invite les Etats à mettre en place toutes les mesures requises en vue d’assurer la pleine jouissance de tous les droits de l’homme aux personnes handicapées sur une base égalitaire avec les autres.

Aussi, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a établi des priorités qui sont :

La sensibilisation en vue de l’amélioration, la compréhension et la reconnaissance du handicap comme une thématique des droits de l’homme ;

  • L’encouragement des Etats membres à la ratification de la Convention et des organisations régionales d’intégration à sa mise en œuvre ;
  • L’appui du Comité sur les droits des personnes handicapées en sa qualité d’organe indépendant dont le mandat consiste au suivi de la mise en œuvre de la Convention ;
  • L’encouragement et l’appui à tous les mécanismes des droits de l’homme dans la prise en compte des droits des personnes handicapées dans leur travail au conformément à la Convention ;
  • La promotion de l’action coordonnée du système des Nations Unies pour le soutien de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

 Toutefois, nous devons être pleinement conscients de ce que la mise en œuvre de la Convention est surtout tributaire de l’action déterminée à déployer sur le terrain par les Etats Parties, qui s’engagent à garantir et à promouvoir effectivement le plein exercice de tous les droits des personnes handicapées. C’est pour cette raison qu’il me plait de saluer particulièrement le Gouvernement du Gabon qui, jusqu’à ce jour, est le seul pays de la sous-région d’Afrique Centrale à avoir ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Je suis convaincue qu’après leurs signatures respectives, le Cameroun et le Congo ratifieront la Convention et qu’il n’en sera pas moins de la Guinée Equatoriale. Je souhaite que ce séminaire sous régional puisse servir de cadre de plaidoyer  et de partage d’expérience pour encourager tous les Etats d’Afrique Centrale à ratifier la Convention. Il est particulièrement important pour les pays de notre sous-région de se mettre à la page d’autant plus que cette Convention a le mérite d’avoir été la Convention la plus rapidement ratifiée après celle sur les droits de l’enfant. En effet, à cette date du 23 novembre 2010, nous enregistrons 95 ratifications et 147signatures.  

Il faut reconnaître que dans la sous-région d’Afrique centrale, des avancées remarquables sont enregistrées tant sur la plan institutionnel que législatifs. C’est le cas de citer l’adoption récente au Cameroun de la loi du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées.

Chers participants,

Comme vous aurez l’opportunité de vous en rendre compte, la Convention relative aux droits des personnes handicapées est un traité international intéressant à plus d’un titre. En plus  du fait qu’elle articule les droits des personnes handicapées, elle a la particularité d’être un traité qui prône les principes de non-discrimination, de pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales par toutes les personnes handicapées et de favoriser le respect de leur dignité intrinsèque. Plusieurs concepts importants sont favorisés par la Convention notamment l’éducation inclusive, et la capacité légale des personnes ayant un handicap mental. Je ne pourrais manquer de relever que la Convention qui fait l’objet des présentes assises est également un traité novateur  car il invite les Etats parties à établir des mécanismes nationaux de suivi et de mise en œuvre.  Je ne doute pas que vous aurez l’occasion d’y revenir plus amplement pendant le séminaire à travers les discussions, sur les implications des provisions de la Convention et le partage d’exemples concrets.

Je ne saurais terminer mes propos sans remercier les organisations partenaires avec lesquelles nous avons collaboré activement à l’organisation de cette activité en particulier le Ministère des Affaires Sociales, Sightsavers et le Secrétariat exécutif de la décennie africaine pour les personnes handicapées.

Je vous remercie de votre attention.