Liberté de la presse

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Liberté de la presse

Liberté de la presse

L'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen stipule que « tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement ».

La liberté de la presse est l’une des principales libertés publiques. C’est une condition nécessaire à l'exercice de la démocratie. Elle participe du droit d'expression et de critique dont disposent tous les citoyens vivant dans les pays démocratiques. Mais l'obtention de ce droit a demandé de longs combats. Aujourd'hui encore, cette liberté ne concerne qu'une minorité de pays. Cependant, même dans les pays démocratiques, la liberté de la presse doit composer avec les réalités économiques.

L'HISTOIRE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

La liberté de la presse n'a pas été conquise en un jour. S'il revient à l'Europe de l'avoir inventée, elle s'est développée comme un concept universel. Mais hors de l'Europe, c'est principalement en Amérique du Nord qu'elle a pu être établie. Par extension, la liberté de la presse concerne l'ensemble des médias.

LES PREMIERS TEXTES DE LOI SUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Depuis l'invention du livre, les médias sont au centre du combat pour l'exercice de la vie démocratique. Car les médias sont la condition de la démocratie en permettant la libre confrontation des idées. La revendication de la liberté de la presse est donc une revendication de tous les esprits libres à partir du xviie siècle. Mais il faudra attendre plus d'un siècle pour que cette revendication soit inscrite dans les textes.

La Suède est le premier pays au monde à instituer le droit de la presse dès 1766 ; l'interdiction de toute limitation du droit de publication fait partie de la Constitution du pays.

En 1776, l'État de Virginie se place dans la logique de la Suède : la section 12 du Virginia's Bill of Rights, la Loi fondamentale de l'État, indique qu'aucun gouvernement ne peut empêcher l'expression de la liberté de la presse. La Constitution des États-Unis reprend à son compte ce principe. Le premier amendement de la Constitution américaine voté en 1791 stipule que « le Congrès ne fera aucune loi restreignant la liberté de parole ou de la presse ».

LA RESPONSABILITÉ DES MÉDIAS

La liberté de la presse n'est pas un phénomène universel. Là où elle est formellement instaurée, ce droit d'expression et de publication est parfois en contradiction avec la logique économique. En outre, cette liberté ne peut s'affirmer sans la contrepartie d'une responsabilité.

Dans les pays démocratiques, la liberté de la presse reste un enjeu. La logique économique peut aller à l'encontre de la liberté de publier. En outre, plus les médias ont de l'influence, et plus leur responsabilité est forte.

Les médias, en particulier la télévision, ont un impact sans équivalent sur la population. La puissance de l'image, l'émotion qu'elle créée, peut conduire à privilégier le spectaculaire sur la mission d'information (→ communication).

Qu'est-ce qu'un délit de presse ?

Les délits tels que les « injures écrites » ou l' « incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence » peuvent parfois constituer des délits de presse. C'est le cas lorsque l'auteur franchit les limites de la liberté d'expression par des publications publiques.

On parle de délit de presse lorsque l'auteur diffuse son message par voie de textes sur papier, comme un journal, un magazine ou un pamphlet. Les textes numériques peuvent également relever d'un délit de presse.

Il arrive que plusieurs parties soient impliquées dans un délit de presse, comme le rédacteur, l'imprimeur, l'éditeur et le diffuseur. On applique dès lors le principe de la « responsabilité en cascade ».

La liberté de la presse a aujourd’hui une valeur constitutionnelle. Elle repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression ; c’est dire si elle est importante.

La liberté d’opinion est le droit d’avoir toutes sortes d’opinions, même lorsqu’elles sont contraires à ce que pense la majorité. Ainsi, il s’agit d’une véritable liberté de penser. Dans la plupart des cas, la liberté d’opinion doit être accompagnée d’une autre liberté pour être vraiment effective, comme la liberté d’expression, la liberté de manifestation, la liberté d’association ou encore la liberté de réunion. A quoi bon pouvoir s’exprimer librement, si certains sujets sont interdits ? Quel est l’intérêt de pouvoir monter une association sur les droits humains si l’on n’a pas le droit d’avoir sa propre opinion sur la question ?

La liberté d’expression est l’une des « conséquences » de la liberté d’opinion, car elle est le droit pour tout individu d’exprimer librement ses opinions, quel que soit le moyen d’expression (presse écrite et orale mais aussi blogs, caricatures, vidéos sur Youtube, etc.).

Ces trois libertés (d’opinion, d’expression et de la presse) sont des libertés fondamentales. Plus précisément, elles appartiennent à la première génération des droits humains, les droits civils et politiques.

Quels sont les grands principes de liberté de la presse ?

Les journalistes sont libres d’enquêter et de publier sur tous les sujets. Ils peuvent ainsi critiquer l’action des gouvernements sans craindre pour autant des représailles de l’État ; il s’agit de la protection des journalistes.

La protection des sources d’information des journalistes est sans aucun doute le grand principe de la liberté de la presse car elle permet aux journalistes de ne pas révéler leurs sources. Cet anonymat est primordial pour s’assurer que les sources ne seront pas inquiétées et ne subiront aucunes représailles. Ainsi, la parole est libérée et l’information peut circuler.

Pourquoi la liberté de la presse est-elle si importante ?

On pourrait croire que la liberté de la presse n’est que la liberté d’expression des journalistes qui sont libres de leurs opinions, de penser, de créer ou de caricaturer. Mais elle va beaucoup plus loin car elle est un véritable droit pour tous les citoyens : le droit à l’information.

Beaucoup considèrent que la liberté de la presse est la « première » des libertés car sa réalisation permet la réalisation de toutes les autres. En effet, la liberté de la presse est étroitement liée à la démocratie : elle est la condition sine qua non à l’existence d’un véritable débat démocratique dans une société. Comment pourriez-vous vous faire une opinion sur la politique d’un gouvernement, s’il n’existe qu’un seul journal et une seule radio, tous deux contrôlés par le gouvernement ? On pense au ministère de la Vérité, dans le roman 1984 de Georges Orwell : un ministère chargé de décider la « vraie vérité » de la société, n’est d’autre qu’un ministère de la propagande. Malheureusement, c’est ce qu’il se passe (même de nos jours) dans les États autoritaires où la presse est muselée.

C’est pourquoi, on a l’habitude de dire que la presse et les médias sont le quatrième pouvoir, aux côtés des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire de l’État. Mais plus encore, une presse libre et indépendante est un véritable contre-pouvoir aux trois premiers. Toutes ces fois où la presse :

  • s’élève contre un projet de loi (on pense au projet de loi contre le terrorisme ou la réforme du code du travail) ;
  • critique une décision de justice (on pense à cette affaire où un adulte est jugé pour atteinte sexuelle sur une fillette de 11 ans, et non pour viol) ;
  • ou met en lumière un scandale de détournement de fonds par un homme politique (…).

C’est en cela, que les journalistes sont considérés comme les chiens de garde de la démocratie.

Ainsi, la liberté de la presse est essentielle dans toute démocratie car elle permet d’interpeller les consciences des individus afin qu’ils se forgent librement leurs opinions. Un peuple qui réfléchit est un peuple (plus) libre.

Image presse 1

Liberté de la presse dans les médias

En tant qu’organisme des Nations Unies avec un mandat spécifique, celui de promouvoir la liberté d’expression et ses corolaires, la liberté de la presse et la liberté d'information, l’UNESCO estime que ces droits sont les fondements de la démocratie, du développement et du dialogue et que ce sont des conditions préalables pour la protection et la promotion de tous les autres droits de l’homme.

Le 3 mai sert à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leur engagement en faveur de la liberté de la presse et constitue également une journée de réflexion pour les professionnels des médias sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnelle. Tout aussi importante, la Journée mondiale de la liberté de la presse est une journée de soutien aux médias qui sont des cibles pour la restriction ou l'abolition de la liberté de la presse. C'est aussi une journée de commémoration pour les journalistes qui ont perdu la vie dans la poursuite d'une histoire.